Construire une vie professionnelle au contact de la souffrance

Chaque année, Plein Sens anime une Académie pour HEC. Des étudiants sont amenés à se pencher sur des sujets sociaux qui font débat dans la société et à déconstruire leurs représentations, leurs a priori sur une réalité sociale parfois bien différente des principaux clichés qu'elle véhicule.

Travailler au contact de la mort, de la folie, de la maltraitance, de la violence surexposerait-il des professionnels à la souffrance?

La pénibilité est une dimension du travail qui est l’objet d’une littérature abondante et de débats passionnés, entre les tenants d’une définition objective de la pénibilité (souvent liée aux aspects physiques du travail : répétitivité, fatigue physique) et les tenants d’une définition plus large, incluant les aspects psychologiques, contacts avec le public, conditions de travail et stress.

Nous avons proposé aux étudiants d’HEC d’aborder cette question en analysant une catégorie de métiers supposés « pénibles » et « usant », les métiers au contact d’adultes ou d’enfants vulnérables ou en danger.

S’il ne faut en rien minorer les aspects liés à la pénibilité physique de ces métiers, nous avons demandé aux étudiants de se focaliser sur l’expérience vécue par ces professionnels, le sens qu’ils mettent dans leur travail, leur modalité de prise en charge d’une personne fragile (en dehors du protocole à proprement parlé), ainsi que leur lecture d’une réussite ou d’un échec d’une prise en charge, d’une prise en soin ou d’un accompagnement.


Comprendre comment se construit une vie professionnelle au contact de la souffrance

Nous vivons dans une société qui délègue à des professionnels la prise en charge de la maladie, de la folie, de la dépendance, de la mort, de l’enfance en danger.

Si le consensus répète à l’envie à quel point ces professionnels sont « dévoués » et « valeureux », consciemment ou pas, nous cherchons peu à savoir ce que recouvrent  réellement ces métiers, dans une sorte de myopie collective confortable et arrangeante. La mort et la déchéance sont parfois cantonnées entre les murs d’institutions fermées, encadrées par des professionnels aux métiers finalement très peu connus.

Cette année, l'Académie Plein Sens a proposé aux étudiants d'HEC d'aller au contact de ces professionnels confrontés, dans leur travail, à la maltraitance, à la folie, à la fin de vie. Aller écouter et observer celles et ceux qui agissent pour rendre le « réel » plus supportable, dans des situations différentes, auprès de publics variés, permettra peut-être de prendre conscience des a priori que nous pouvons avoir sur la dureté de ces métiers.

Cette académie vise à saisir la diversité des dimensions de la « pénibilité » du travail au contact des publics fragiles et de comprendre la lecture que font ces professionnels de leur métier.

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Par François Alliot, le 17 février 2014.